sommeil des pommes

curiosités des pommes, chiffonnier de textes

proposition 3 – aller perdu dans la ville (ou éperdue aussi bien)

mayotte

Ça grimpe sévère depuis la place Zena Mdéré, la mer dans le dos, le grand marché, le 5/5 près de l’embarcadère et sa relative fraîcheur, ça grimpe, je grimpe, Mamoutzou, Océan Indien, le goudron noir rapiécé tout comme les façades, je grimpe jusqu’à ce que j’arrive à Notre dame de Fatima, et là trouver la rue de l’hôpital, et rejoindre le conseil général, Mayotte presque la France, je grimpe, suivre la route sinueuse qui fait des boucles, morceaux de quartier en contre bas, plus bidonville sur les franges que maisons, toits de tôle successifs, empilement des maisons, parpaings et sculpture, odeur de curry, terre rouge, petits restaurants en contrebas, poubelles débordantes une bande de chiens pelés, comment fait-il en costume cravate et tong, 35° C, humide et lourd et c’est rien ça encore, ils disent en bas au café, c’est rien attend le mois de novembre, septembre aux antipodes, à grimper pour aller déposer un CV pour des remplacements, n’importe quoi mais je grimpe, où est cette église, de Fat – ! merde, ma semelle se décolle, ça flappe à chaque pas, -marcher pieds nus ? – non, non, trop chaud, trop de morceaux de verres qui font éclats sur le trottoir, je boite, je grimpe, je transpire, même le lin tient pas la route, presque midi, ça va être fermé, voilà ce que c’est de trainer au marché pour trouver une râpe à papaye, horde de lycéens en costume, – un lycée privé peut-être près de Fatima ? -mahoraise mama, odeur de poisson frits, je grimpe, tout ça très vert, tropiques de plantes en cascades, et ça, on dirait bien dans la courette un arbre à pain – et où sont les mangues ? – un peu d’ombre, pause, le trottoir fera l’affaire, Ylang Ylang odeur douce et entêtante, la mer là-bas en bas, translucide et clair le lagon, la ceinture de corail, on ira elle a dit, tu verras le bleu profond quand on la dépasse, ça fait comme un gouffre d’eau et les tortues elle a dit, mais avant, avant déposer ce CV, oh là horde de CRS, hommes Ninja, clandestins c’est sûr ici non plus la République n’aime pas que, quoi ? interdit de passer et il rigole pas sous son casque, visage très jeune avec un œil dur, ça court soudain de toutes parts, suivre le mouvement, perdre la sandale, courir, lacis de ruelles, terre battue, étroitesses des passages, pas un chat, respire, respire, un tournant et un autre, ça descend, je redescends, merde, merde je redescends, droit vers la mer.

L’ensemble des contributions de la proposition 3 sur tiers livre

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Cette entrée a été publiée le 27 juillet 2015 par dans atelier tiers livre.
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